L’olivier, cet arbre emblématique du bassin méditerranéen, incarne la résilience et la longévité. Pourtant, même les oliviers les plus robustes peuvent succomber à diverses maladies et parasites qui compromettent leur santé et leur productivité. Qu’il s’agisse de taches foliaires mystérieuses, de flétrissements soudains ou d’une invasion d’insectes ravageurs, identifier rapidement une maladie olivier permet d’agir avant que les dégâts ne deviennent irréversibles. Ce guide explore les principales affections qui touchent ces arbres ancestraux et propose des solutions pratiques adaptées aux jardiniers soucieux de préserver leur oliveraie de manière écologique.
L’œil de paon : la maladie fongique la plus courante

Symptômes et identification
L’œil de paon (Cycloconium oleaginum) constitue la maladie fongique la plus répandue chez l’olivier. Cette affection se reconnaît facilement aux taches circulaires caractéristiques qui apparaissent sur les feuilles. Ces marques brunâtres à vert-olive mesurent généralement 5 à 10 millimètres de diamètre et présentent un halo jaune distinctif qui rappelle l’œil d’un paon, d’où son nom évocateur.
Les symptômes progressent de manière prévisible. Les taches commencent par de petits points chlorotiques sur la face supérieure des feuilles avant de s’étendre en cercles concentriques. Le champignon se développe particulièrement durant les périodes humides et tempérées, typiquement au printemps et à l’automne. Lorsque l’infection s’intensifie, les feuilles jaunissent complètement avant de tomber prématurément, ce qui affaiblit l’arbre et réduit considérablement la récolte d’olives.
La face inférieure des feuilles révèle une sporulation grisâtre caractéristique. Cette identification précoce s’avère cruciale car l’œil de paon peut entraîner une défoliation massive, jusqu’à 50% du feuillage dans les cas sévères, compromettant ainsi la photosynthèse et la vigueur de l’olivier.
Prévention et traitement
La prévention de l’œil de paon repose sur des pratiques culturales rigoureuses. L’aération du houppier constitue la première ligne de défense. Une taille appropriée favorise la circulation de l’air et réduit l’humidité stagnante où le champignon prospère. Les jardiniers doivent éliminer systématiquement les feuilles tombées au sol, car elles hébergent les spores qui infecteront les nouvelles pousses au printemps.
Les traitements préventifs s’appliquent idéalement avant les périodes à risque. La bouillie bordelaise, solution cuprique traditionnelle, reste le traitement de référence pour les jardiniers biologiques. Deux applications s’avèrent généralement suffisantes : une à l’automne après la récolte et une autre au début du printemps avant la floraison. Le dosage standard se situe autour de 10 à 20 grammes par litre d’eau, appliqué par temps sec.
Dans les vergers certifiés biologiques, certains jardiniers privilégient les solutions alternatives comme les décoctions de prêle ou les purins d’ortie qui renforcent les défenses naturelles de l’arbre. Ces préparations stimulent la résistance systémique acquise sans recourir aux fongicides de synthèse. L’espacement adéquat entre les arbres, au moins 6 à 8 mètres, limite également la propagation de cette maladie fongique redoutable.
La verticilliose : le tueur silencieux des racines

La verticilliose (Verticillium dahliae) représente l’une des maladies les plus dévastatrices pour les oliviers. Ce champignon tellurique pénètre l’arbre par les racines et colonise le système vasculaire, bloquant progressivement la circulation de la sève. Contrairement à l’œil de paon qui attaque le feuillage, la verticilliose frappe en profondeur, ce qui la rend particulièrement insidieuse.
Les symptômes caractéristiques incluent un flétrissement unilatéral soudain. Une branche entière peut se dessécher en quelques semaines tandis que le reste de l’arbre paraît sain, un phénomène déconcertant pour de nombreux jardiniers. Les feuilles prennent une teinte grisâtre avant de brunir et de se recroqueviller. En sectionnant une branche affectée, on observe des stries brunes dans le bois, preuve de la colonisation fongique du système vasculaire.
La verticilliose persiste dans le sol pendant plusieurs années sous forme de microsclérotes résistants. Cette résilience rend son éradication complexe. Les sols compacts, mal drainés et riches en azote favorisent son développement. Les oliviers jeunes ou récemment transplantés se montrent particulièrement vulnérables, leur système racinaire moins développé offrant moins de résistance à l’infection.
Malheureusement, il n’existe aucun traitement curatif efficace contre cette maladie. La prévention reste la seule stratégie viable. Les jardiniers doivent planter dans des sols bien drainés et éviter les parcelles où poussaient précédemment des cultures sensibles comme les tomates, aubergines ou pommes de terre, ces solanacées hébergent souvent Verticillium. La désinfection des outils de taille s’impose après chaque utilisation pour éviter la transmission entre arbres.
Certains cultivars d’olivier présentent une résistance accrue à la verticilliose. Les variétés comme ‘Frantoio’, ‘Leccino’ ou ‘Maurino’ montrent une meilleure tolérance face à ce pathogène. En cas d’infection avérée, l’ablation chirurgicale des branches atteintes, coupées bien en dessous de la zone infectée, peut parfois sauver l’arbre si la contamination reste localisée. Les résidus de taille doivent être brûlés, jamais compostés.
La fumagine : le voile noir de l’olivier
La fumagine se manifeste comme un dépôt noir et poussiéreux qui recouvre les feuilles et les rameaux de l’olivier. Cette couche ressemble à de la suie, d’où son nom vernaculaire. Contrairement aux idées reçues, la fumagine n’est pas une maladie primaire mais plutôt une conséquence d’une infestation parasitaire.
Ce champignon saprophyte se développe sur le miellat sécrété par les insectes piqueurs-suceurs comme les cochenilles, les pucerons ou les psylles. Ces parasites prélèvent la sève élaborée riche en sucres et excrètent le surplus sous forme d’une substance collante et sucrée. Le champignon de la fumagine colonise ensuite ce substrat idéal, formant un film opaque qui entrave la photosynthèse.
Les impacts sur l’olivier s’avèrent multiples. La réduction de la surface foliaire active diminue la production d’énergie photosynthétique, ce qui affaiblit progressivement l’arbre. La fumagine peut également affecter les fruits, réduisant leur valeur commerciale et compliquant la récolte. Dans les oliveraies destinées à la production d’huile d’olive, même une contamination mineure peut altérer la qualité organoleptique du produit final.
Le traitement de la fumagine ne consiste pas à s’attaquer au champignon lui-même, relativement inoffensif, mais à éradiquer les insectes producteurs de miellat. Une fois la source du problème éliminée, les dépôts noirs disparaissent naturellement avec la pluie ou peuvent être lavés avec une solution d’eau savonneuse douce. Les cochenilles noires (Saissetia oleae) représentent les principaux coupables dans les oliveraies méditerranéennes.
Les jardiniers observateurs remarqueront souvent la présence de fourmis sur les oliviers atteints de fumagine. Ces insectes entretiennent une relation symbiotique avec les producteurs de miellat, les protégeant des prédateurs naturels en échange de ce précieux nectar. Contrôler les populations de fourmis, par exemple avec des bandes gluantes autour du tronc, peut indirectement réduire la pression parasitaire et, par conséquent, la formation de fumagine.
La tuberculose de l’olivier : chancres et tumeurs
La tuberculose de l’olivier (Pseudomonas savastanoi) constitue une infection bactérienne qui provoque la formation de tumeurs ligneuses caractéristiques sur les branches, le tronc et parfois les racines. Ces excroissances irrégulières, appelées chancres ou nodosités, peuvent atteindre plusieurs centimètres de diamètre et déforment progressivement la structure de l’arbre.
La bactérie pénètre l’olivier par des blessures causées par la taille, les dommages mécaniques, les piqûres d’insectes ou même les gelées hivernales qui fissurent l’écorce. Les symptômes apparaissent généralement au printemps ou à l’automne, périodes où les conditions humides favorisent la multiplication bactérienne. Les excroissances débutent comme de petites protubérances verdâtres avant de se lignifier et de prendre une teinte brunâtre rugueuse.
Ces tumeurs perturbent la circulation de la sève et affaiblissent structurellement les branches affectées, qui deviennent plus susceptibles de se rompre sous le poids des fruits ou lors de tempêtes. Dans les cas sévères, la tuberculose peut causer le dépérissement progressif de sections entières de l’arbre. Les jeunes plants montrent une sensibilité accrue, et les infections précoces peuvent compromettre leur développement à long terme.
La gestion de la tuberculose repose principalement sur des mesures préventives strictes. Les outils de taille doivent être systématiquement désinfectés à l’alcool à 70% ou à l’eau de Javel diluée entre chaque arbre. La taille s’effectue idéalement par temps sec pour permettre une cicatrisation rapide des plaies. L’application d’un mastic de cicatrisation contenant du cuivre sur les coupes importantes limite les points d’entrée bactériens.
En cas d’infection avérée, les jardiniers doivent exciser chirurgicalement les chancres en coupant au moins 10 à 15 centimètres en dessous de la zone tumorale dans du bois sain. Les déchets de taille infectés ne doivent jamais rejoindre le compost mais être brûlés. Certains jardiniers badigeonnent les zones à risque avec de la bouillie bordelaise après la taille d’hiver, une pratique qui semble réduire l’incidence de cette maladie bactérienne tenace.
Les parasites de l’olivier
La mouche de l’olivier
La mouche de l’olivier (Bactrocera oleae) représente le ravageur le plus redouté des oléiculteurs méditerranéens. Cet insecte diptère pond ses œufs directement dans les olives en développement. Les larves se nourrissent de la pulpe du fruit, créant des galeries qui compromettent la qualité de l’olive et favorisent les infections secondaires.
Les dégâts occasionnés vont bien au-delà de l’aspect esthétique. Les olives attaquées chutent prématurément ou donnent une huile de qualité médiocre avec une acidité élevée et des défauts organoleptiques prononcés. Dans les oliveraies non traitées, jusqu’à 80% de la récolte peut être perdue lors des années de forte pression parasitaire. Les femelles mouches percent l’épiderme du fruit avec leur ovipositeur, laissant une petite piqûre caractéristique qui brunit rapidement.
La lutte intégrée contre ce parasite combine plusieurs stratégies. Les pièges chromatiques jaunes englués capturent les adultes et permettent de surveiller les populations. Les pièges à phéromones spécifiques attirent et neutralisent les mâles, réduisant les accouplements. La technique du piégeage massif, avec 1 à 2 pièges par arbre, donne d’excellents résultats dans les petites oliveraies familiales.
Les traitements biologiques à base de Beauveria bassiana ou de spinosad (autorisé en agriculture biologique) offrent une alternative aux insecticides conventionnels. Ces produits s’appliquent au moment où les fruits atteignent la taille critique, environ 7 à 8 millimètres de diamètre, période durant laquelle ils deviennent attractifs pour les mouches pondeuses. Le ramassage des fruits tombés et leur destruction prévient le cycle de reproduction du ravageur.
La cochenille noire
La cochenille noire (Saissetia oleae) colonise les rameaux, les feuilles et parfois les fruits de l’olivier. Ces insectes hémiptères ressemblent à de petites écailles bombées de couleur brun foncé à noir, mesurant 2 à 5 millimètres. Fixées sur les tissus végétaux, elles prélèvent la sève phloémienne et sécrètent d’abondantes quantités de miellat.
Ce miellat favorise le développement de la fumagine et attire les fourmis qui protègent les cochenilles de leurs prédateurs naturels. Les infestations massives provoquent un affaiblissement généralisé de l’olivier : les feuilles jaunissent, les jeunes pousses se déforment et la production d’olives diminue sensiblement. Les arbres stressés par la sécheresse ou mal nourris montrent une vulnérabilité accrue à ces parasites.
Heureusement, la cochenille noire possède de nombreux ennemis naturels qui régulent efficacement ses populations. Les coccinelles (Exochomus quadripustulatus), les guêpes parasitoïdes (Metaphycus spp.) et certains champignons entomopathogènes maintiennent généralement les infestations sous le seuil de nuisibilité économique dans les écosystèmes équilibrés.
Les interventions chimiques ne se justifient que lors d’explosions démographiques exceptionnelles. Les huiles minérales ou végétales appliquées en hiver asphyxient les cochenilles par contact. Ces traitements doux, autorisés en agriculture biologique, préservent la plupart des auxiliaires bénéfiques s’ils sont correctement ciblés. L’encouragement de la biodiversité fonctionnelle, haies fleuries, bandes enherbées, favorise l’installation durable de ces précieux prédateurs.
La teigne de l’olivier
La teigne de l’olivier (Prays oleae) complète son cycle de développement en trois générations annuelles, chacune attaquant un organe différent de l’arbre. La génération printanière (ou anthophage) dévore les fleurs, la génération estivale (carpophage) s’attaque aux fruits, et la génération automnale (phyllophage) mine les feuilles. Cette succession d’attaques exerce une pression continue sur l’olivier.
Les larves carpophages causent les dommages les plus préjudiciables. Elles pénètrent les jeunes olives et creusent des galeries jusqu’au noyau, provoquant la chute prématurée des fruits. Dans les vergers non protégés, les pertes peuvent atteindre 30 à 50% de la production potentielle. Les générations phyllophages créent des mines sinueuses dans le limbe foliaire, réduisant la capacité photosynthétique de l’arbre.
La surveillance des populations s’effectue avec des pièges à phéromones sexuelles qui capturent les mâles adultes. Le comptage hebdomadaire des captures permet de déterminer les périodes de vol et d’optimiser le timing des interventions. Les seuils d’intervention varient selon les régions et les variétés cultivées, mais généralement une moyenne de 5 à 10 captures par piège et par semaine justifie un traitement.
Les méthodes de lutte privilégient aujourd’hui les approches biologiques. Le Bacillus thuringiensis var. kurstaki, biopesticide sélectif, cible spécifiquement les larves de lépidoptères sans affecter les autres insectes. Les traitements s’appliquent au moment de l’éclosion des œufs, lorsque les jeunes larves sont encore vulnérables. La confusion sexuelle, technique sophistiquée qui sature l’atmosphère de phéromones synthétiques pour désorienter les mâles, donne d’excellents résultats dans les grandes oliveraies.
Autres maladies fongiques et bactériennes
La cercosporiose
La cercosporiose (Mycocentrospora cladosporioides) provoque des taches foliaires grisâtres caractéristiques. Moins spectaculaire que l’œil de paon, cette maladie fongique affecte néanmoins la vitalité de l’olivier lors d’attaques répétées. Les taches apparaissent d’abord comme de petits points chlorotiques avant de s’élargir en zones nécrotiques irrégulières.
Les conditions fraîches et humides, typiques du printemps et de l’automne méditerranéens, favorisent le développement de ce pathogène. Les feuilles sévèrement infectées tombent prématurément, réduisant la surface photosynthétique active. Dans les jeunes plantations, la cercosporiose peut retarder significativement la croissance et repousser l’entrée en production de plusieurs années.
Les mesures préventives ressemblent à celles préconisées contre l’œil de paon : aération du houppier par une taille appropriée, élimination des feuilles mortes, et applications préventives de bouillie bordelaise avant les périodes à risque. La cercosporiose répond généralement bien aux fongicides cupriques, avec une réduction notable des symptômes dès la deuxième application.
Le pourridié des racines
Le pourridié (Armillaria mellea) attaque le système racinaire de l’olivier, provoquant un dépérissement lent mais inexorable. Ce champignon lignicole pénètre les racines et décompose le bois, créant une pourriture fibreuse caractéristique. Des filaments mycéliens blancs apparaissent entre l’écorce et le bois, dégageant parfois une odeur de champignon.
Les arbres atteints montrent un déclin progressif : feuillage clairsemé, croissance ralentie, jaunissement généralisé. Le diagnostic définitif s’établit en déchaussant la base du tronc pour observer les rhizomorphes bruns-noirs caractéristiques qui ressemblent à des lacets de chaussure, d’où le nom alternatif de « maladie des racines en lacets ».
Malheureusement, le pourridié ne possède aucun traitement curatif efficace. Les arbres gravement atteints doivent être arrachés et brûlés, racines comprises. Le sol contaminé nécessite une période de jachère de plusieurs années ou une solarisation intensive avant de replanter. La sélection de sites bien drainés et l’évitement des sols ayant précédemment hébergé des cultures ligneuses sensibles constituent les principales stratégies préventives.
La xylella fastidiosa
La Xylella fastidiosa représente la menace émergente la plus préoccupante pour l’oléiculture méditerranéenne. Cette bactérie vasculaire, transmise par des insectes vecteurs cicadelles, colonise le xylème et obstrue les vaisseaux conducteurs de sève brute. L’olivier atteint présente un dessèchement brutal des extrémités des rameaux qui évoque une brûlure.
Originaire des Amériques, Xylella s’est établie dans les Pouilles italiennes depuis 2013, décimant des millions d’oliviers centenaires. Le complexe de dessèchement rapide de l’olivier (CoDiRO) qu’elle provoque ne connaît actuellement aucun remède. Les mesures de lutte se limitent à l’arrachage et à la destruction des arbres infectés pour tenter de contenir la propagation.
La prévention repose sur une surveillance phytosanitaire rigoureuse, le contrôle des populations de cicadelles vectrices et le respect strict des quarantaines lors des importations végétales. Les jardiniers doivent signaler immédiatement tout symptôme suspect aux autorités phytosanitaires locales. La sélection de variétés tolérantes, comme ‘Leccino’, et le maintien d’oliviers en bonne santé constituent les seules stratégies de gestion actuellement disponibles face à cette bactérie redoutable.
Prévention et bonnes pratiques culturales
La taille préventive
La taille constitue l’intervention culturale fondamentale pour maintenir un olivier en bonne santé. Une taille appropriée favorise la pénétration de la lumière et la circulation de l’air dans le houppier, créant un microclimat défavorable aux champignons pathogènes qui prospèrent dans l’humidité stagnante. Les jardiniers doivent privilégier une taille annuelle modérée plutôt que des interventions drastiques espacées.
Les principes de la taille sanitaire incluent l’élimination systématique du bois mort, malade ou blessé. Ces tissus nécrotiques servent de portes d’entrée et de réservoirs pour de nombreux pathogènes. Les branches qui se croisent et créent des frottements doivent être supprimées car les blessures d’écorce facilitent les infections bactériennes comme la tuberculose.
La période optimale pour tailler varie selon les objectifs. La taille de formation s’effectue idéalement à la fin de l’hiver, juste avant la reprise végétative. La taille d’éclaircissage peut intervenir après la récolte, en automne. Les coupes importantes nécessitent l’application d’un mastic cicatrisant, particulièrement dans les régions où la tuberculose sévit. La désinfection rigoureuse des outils entre chaque arbre, avec de l’alcool à 70% ou une solution javellisée, prévient la transmission mécanique des pathogènes.
Gestion de l’humidité et de l’arrosage
Bien que l’olivier tolère remarquablement la sécheresse, une irrigation adaptée améliore sa productivité tout en minimisant les risques phytosanitaires. L’excès d’humidité favorise le développement de maladies fongiques, tandis qu’un stress hydrique sévère affaiblit l’arbre et le rend vulnérable aux parasites.
L’arrosage goutte-à-goutte représente le système idéal pour les oliviers. Il apporte l’eau directement aux racines sans mouiller le feuillage, réduisant ainsi les conditions propices aux infections foliaires comme l’œil de paon. La fréquence d’irrigation dépend du type de sol, du climat et du stade phénologique de l’arbre. Durant la période critique de formation des fruits (mai à juillet), un arrosage hebdomadaire profond est préférable à des apports superficiels quotidiens.
Le drainage mérite une attention particulière lors de la plantation. Les oliviers ne tolèrent pas l’engorgement racinaire qui favorise les pourritures fongiques et la verticilliose. Dans les sols argileux compacts, l’amendement avec du sable grossier, du compost bien décomposé ou la création de buttes de plantation améliore significativement la structure et l’évacuation des excès d’eau.
La gestion du couvert végétal sous les oliviers influence également l’humidité ambiante. Un enherbement maîtrisé régulé par fauchage favorise la biodiversité et limite l’érosion, mais il doit être maintenu à une hauteur raisonnable pour éviter la concurrence hydrique. L’application d’un paillis organique autour du tronc conserve l’humidité du sol tout en supprimant les adventices, créant un équilibre optimal entre disponibilité en eau et prévention des maladies.
Questions fréquemment posées
Quels sont les symptômes de l’œil de paon sur un olivier ?
L’œil de paon se manifeste par des taches circulaires brunâtres à vert-olive de 5 à 10 mm de diamètre, entourées d’un halo jaune sur les feuilles. Ces taches provoquent le jaunissement puis la chute prématurée du feuillage, affaiblissant considérablement l’arbre.
Comment traiter naturellement les maladies de l’olivier ?
La bouillie bordelaise appliquée à l’automne et au printemps reste le traitement bio de référence. Une taille aérée, l’élimination des feuilles tombées et des décoctions de prêle renforcent les défenses naturelles de l’olivier contre les maladies fongiques.
Quelle est la différence entre l’œil de paon et la cercosporiose ?
L’œil de paon produit des taches circulaires avec un halo jaune distinctif, tandis que la cercosporiose crée des taches grisâtres irrégulières. Les deux sont des maladies fongiques foliaires, mais l’œil de paon est plus répandu et spectaculaire.
Pourquoi mon olivier a-t-il des feuilles noires et collantes ?
Ce voile noir indique la présence de fumagine, un champignon qui se développe sur le miellat sécrété par des insectes comme les cochenilles ou pucerons. Le traitement consiste à éliminer ces parasites; la fumagine disparaîtra ensuite naturellement.
Comment reconnaître la verticilliose sur un olivier ?
La verticilliose provoque un flétrissement unilatéral soudain: une branche se dessèche tandis que le reste paraît sain. En coupant une branche affectée, on observe des stries brunes dans le bois, signe de cette maladie vasculaire incurable.
Quand faut-il tailler un olivier pour prévenir les maladies ?
La taille s’effectue idéalement à la fin de l’hiver pour la formation, ou après récolte en automne. Une taille annuelle modérée favorise l’aération du houppier, réduit l’humidité stagnante et limite les infections fongiques et bactériennes.









